Rétrospective : L’histoire de « Charmed »

Rétrospective : L’histoire de « Charmed »

Aujourd’hui, nous célébrons les 27 ans de la toute première diffusion de Charmed en France, arrivée sur nos écrans le 27 février 1999 au sein de l’inoubliable Trilogie du Samedi sur M6. Si en France la série a rapidement acquis un statut de programme culte, son parcours outre-Atlantique s’est apparenté à de véritables montagnes russes audimatiques. Retour sur les stratégies de programmation de la chaîne américaine The WB, l’évolution détaillée des audiences et les arcs narratifs d’une série qui a su défier les pronostics.

1998 : La naissance d’un hit et un lancement record

Photo © WB Television Network

À la fin des années 1990, le jeune network américain The WB (qui n’a alors que trois ans d’existence) commence à asseoir sa notoriété grâce à des drames ciblant un public jeune. Face aux succès florissants de Sept à la MaisonBuffy contre les vampires et Dawson, la chaîne demande au célèbre producteur Aaron Spelling de créer un nouveau programme. Le concept initial, provisoirement intitulé « House of Sisters », se précise au fil du développement : la série y gagne son déclencheur surnaturel — la découverte du Livre des Ombres dans le grenier du manoir familial. Mais très vite, l’idée se recentre sur l’essentiel : oui, il est question de sorcières… mais d’abord de trois sœurs. Le cœur émotionnel du projet devient leur lien, leurs tensions, leur solidarité. Le fantastique sert de cadre ; la sororité, elle, en devient l’âme.

Au casting initial, Shannen Doherty, Holly Marie Combs et Lori Rom sont envisagées pour incarner les trois sœurs, mais le projet connaît très vite un premier bouleversement en coulisses : après le tournage du pilote, Lori Rom se retire avant le lancement de la série.

À l’époque, plusieurs explications circulent autour de ce départ : certains évoquent des raisons personnelles, dont la religion de l’actrice, tandis que d’autres parlent de tensions relationnelles potentielles avec le reste du casting (ou, plus largement, d’une alchimie encore fragile sur un projet qui démarre). Dans tous les cas, pour la production, la conséquence est immédiate : il faut réorganiser le casting, retourner une partie du pilote déjà tourné, et verrouiller rapidement l’identité définitive du trio.

Aaron Spelling et la WB font alors appel à Alyssa Milano — connue du grand public pour Madame est servie — qui devient la Phoebe que les téléspectateurs découvriront au démarrage officiel de Charmed.

Le destin est en marche.

Saison 1 (1998-1999) : Un démarrage historique

Photo © WB Television Network

Le lancement de la série est orchestré d’une main de maître le mercredi 7 octobre 1998 à 21h. Porté par son exceptionnel « lead-in » (le lancement de la saison 2 de Dawson à plus de 7 millions de téléspectateurs), l’épisode pilote de Charmed rassemble 7,7 millions de curieux. C’est à l’époque le meilleur démarrage historique pour une série sur la chaîne The WB.

Face à une concurrence relativement clémente à ses débuts, le « Pouvoir des Trois » s’installe très haut. Mais dès son troisième épisode, la série doit affronter les « World Series » de baseball sur la FOX (qui attirent 20 millions d’Américains) et se maintient brillamment autour des 7 millions.

Même lorsque la FOX propulse son duo Beverly Hills / Party of Five, faisant chuter The WB autour des 6 millions de moyenne, Charmed conserve fidèlement son audience. La chaîne commettra toutefois une énorme erreur le 24 février 1999 en proposant un épisode inédit face aux « Grammy Awards » sur CBS. Résultat : la série chute à 4,8 millions.

La première saison établit solidement la mythologie de la série en adoptant un format de type « monstre de la semaine ». C’est l’occasion pour les fameuses Charmed Ones (les Sœurs Halliwell en VF) d’affronter leurs tout premiers grands adversaires récurrents, le duo machiavélique formé par Rex et Hannah.

Tout au long de ces premiers épisodes, les trois sœurs apprivoisent progressivement l’étendue de leurs nouveaux pouvoirs magiques. L’enjeu principal de cette saison d’introduction réside dans leur apprentissage d’un tout nouvel univers insoupçonné, jalonné notamment par la découverte des êtres de lumière. Elles doivent surtout apprendre à jongler entre leurs lourdes responsabilités de sorcières et la difficulté de mener une vie ordinaire, tant sur le plan professionnel qu’amoureux.

Aux Etats-Unis, la saison 1 s’achève le 26 mai 1999 face à un impressionnant « season finale » pour New York Police Judiciaire sur NBC (17,8 millions). Sur le plan narratif, ce final est un véritable choc : il se solde par la mort tragique de l’inspecteur Andy Trudeau (Ted King), le grand amour de Prue. Charmed termine cette première année avec 5,6 millions de fidèles pour son final et une excellente moyenne de 5,9 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis.

En France, Charmed débarque sur M6 le 27 février 1999 dans le cadre de la mythique Trilogie du Samedi, et l’accueil est immédiat et fracassant : près de 4,8 millions de téléspectateurs sont au rendez-vous pour ce premier épisode, soit une part de marché record de 21,5% — l’une des meilleures performances jamais enregistrées dans cette case emblématique. Sur l’ensemble de la saison, la série s’impose comme un phénomène durable avec une moyenne de 3,6 millions de fidèles chaque semaine et une part de marché de 18,3%, des chiffres tout simplement colossaux pour M6.

Saisons 2 et 3 (1999-2001) : L’enfer du jeudi soir et l’arrivée de Cole

Photo © WB Television Network

Fort de ce succès, la WB déplace Charmed dans la case la plus difficile de la télévision américaine : le jeudi soir à 21h, face aux mastodontes Friends et Frasier (spin-off de Cheers). La saison 2 se concentre fortement sur la vie sentimentale du trio, notamment avec le célèbre triangle amoureux entre Piper, l’être de lumière Leo, et le nouveau voisin Dan Gordon. Malgré un « lead-in » désastreux avec la série Popular et l’arrivée du jeu Qui veut gagner des millions ? (30 millions de téléspectateurs !) sur ABC, l’audience se stabilise à une moyenne de 5,2 millions de téléspectateurs par épisode.​

En France, la série reste très forte pour sa saison 2 diffusée entre mars et juillet 2000 avec une moyenne de 3,3 millions de téléspectateurs et une part de marché moyenne de 17%. Le 18 mars 2000, M6 réalise le meilleure score de la saison 2 avec l’épisode S02E04 « Une musique d’enfer » qui réunit plus de 4,2 millions de téléspectateurs et une part de marché de 19%.

La saison 3 renouvelle l’exploit de la saison 1. Épargnée par la concurrence grâce à un débat politique, le lancement égalise le record historique de 7,7 millions de téléspectateurs. Ce succès s’explique par l’introduction d’un arc narratif majeur : l’arrivée de Julian McMahon dans le rôle de Cole Turner/Balthazar et son amour toxique pour Phoebe. La série prend un tournant beaucoup plus sombre en affrontant la Triade.​ Si la série se stabilise durablement autour de 5 millions, la fin de la saison 3 est un séisme absolu. Le mémorable épisode « Adieux » (réalisé par Shannen Doherty elle-même) s’achève sur un cliffhanger haletant. En coulisses, les tensions poussent Shannen Doherty vers la sortie, signant la mort définitive de Prue Halliwell. La saison s’achève à 5,4 millions de téléspectateurs en moyenne.

Pour sa troisième saison en France, Charmed poursuit sur sa lancée et s’ancre toujours profondément dans les habitudes télévisuelles des Français le samedi soir sur M6. La série conserve d’excellentes audiences, rassemblant en moyenne 3,3 millions de fidèles devant le petit écran. Avec une part de marché se maintenant fermement à 16,5%, la série confirme ainsi sa solidité et sa grande popularité au sein de la Trilogie du Samedi.

Saison 4 (2001-2002) : Le défi McGowan et la corruption de Balthazar

Photo © WB Television Network

Durant l’été 2001, The WB fait face au défi colossal de réinventer la dynamique de la série après la mort tragique de Prue. La chaîne mise tout sur l’introduction de Rose McGowan dans le rôle de Paige, la demi-sœur cachée. Pour rassurer les fans et imposer ce nouveau trio, la production déploie une promotion massive et offre à Charmed le tout premier season premiere de deux heures de son histoire. Le pari est gagnant : ce double épisode d’ouverture réunit 6 millions de téléspectateurs américains, un véritable exploit face au retour de Friends diffusé au même moment. En coulisses, l’horizon s’éclaircit totalement. Non seulement la WB sécurise l’avenir de la série en la renouvelant d’emblée pour des saisons 5 et 6, mais elle signe aussi un accord stratégique avec la chaîne câblée TNT. En rediffusant les épisodes inédits dès le mardi suivant, TNT rajeunit son public tandis que Charmed élargit considérablement sa base de fans.

Sur le plan narratif, cette quatrième saison est largement considérée comme la plus dense et la plus aboutie de toute la série. Elle déploie une tragédie magistrale en plusieurs actes : la destruction de la Source du Mal, l’inévitable possession de Cole qui devient la nouvelle Source, et la chute vertigineuse de Phoebe qui embrasse son sombre destin de Reine des Enfers. Pourtant, malgré cette excellence scénaristique, la chaîne The WB saborde littéralement la série. Elle l’affuble de lead-ins désastreux en programmant des télé-réalités low-cost comme Popstars 2 ou ElimiDATE Deluxe. Cette stratégie chaotique, couplée à des pauses de diffusion répétées et à la concurrence implacable de mastodontes comme Survivor et Les Experts, fragilise les audiences. Celles-ci plongent ponctuellement à 3,4 millions en janvier 2002, clôturant cette saison de transition sur une moyenne américaine de 4,7 millions de téléspectateurs.

De ce côté-ci de l’Atlantique, la disparition de Prue et l’arrivée de Paige ne déstabilisent absolument pas les fidèles de la Trilogie du Samedi. Le double épisode d’ouverture, « Les liens du sang » — habilement diffusé sur deux semaines distinctes par M6 — fait un véritable carton : la première partie fédère 4 millions de curieux (18,4% de part de marché), talonnée par la seconde à 3,9 millions (17,3%). Sur l’ensemble de l’année, M6 maintient son excellente vitesse de croisière avec une moyenne très stable de 3,4 millions de téléspectateurs (16,9% de PDA). Des performances remarquables qui prouvent que la saison 4 a su conserver fièrement les audiences des trois premières années.

Saison 5 (2002-2003) : La résurrection dominicale et le monde des contes

Photo © WB Television Network

Ayant un problème d’audience le dimanche, la WB décide d’y déplacer Charmed à 20h pour la saison 5. La série prend un virage radicalement différent, beaucoup plus familial, axé sur les contes de fées, les nymphes, et la naissance du bébé très attendu de Piper : Wyatt. Ce pari est couronné de succès : le lancement attire 6,3 millions de téléspectateurs face aux Emmy Awards.

L’épisode charnière de cette saison est le 100ème (« Centennial Charmed »), qui marque la mort définitive de Cole suite à la volonté de l’acteur de partir pour Nip/Tuck. La WB le programme de façon suicidaire face aux Golden Globes (20,1 millions) et au Superbowl (41,5 millions). La série s’en tire admirablement avec 5,5 millions de fans présents.

En France, la diffusion de la saison 5 marque un tournant stratégique pour M6. Abandonnant sa traditionnelle case du samedi soir s’étalant de février à juillet, la chaîne choisit de lancer les nouvelles aventures des sœurs Halliwell à la toute fin de l’été, le 23 août 2003, avec le double épisode « Les sirènes de l’amour ». Si le nombre de téléspectateurs présents pour ce démarrage est logiquement impacté par la période estivale (oscillant entre 2,5 et 3 millions), les parts de marché restent en revanche excellentes, pointant à 15,8% et 18,8%.

La fidélité du public français se confirme d’ailleurs sur l’ensemble de l’année : la saison 5 rassemble une solide moyenne de 3,2 millions de fidèles, soit une part d’audience très performante de 16,3%. Détail amusant de cette programmation inédite : le tout premier épisode a enregistré le score le plus faible de la saison, tandis que le final « Le choc des titans – Partie 2 » s’est offert le record de la saison le 22 novembre 2003, en fédérant 4,1 millions de téléspectateurs pour une écrasante part de marché de 19,3%.

Saison 6 (2003-2004) : Les premiers signes de faiblesse

Photo © WB Television Network

Outre-Atlantique, la saison 6 démarre sur les chapeaux de roues en attirant 6,3 millions de téléspectateurs. L’audience est galvanisée par l’introduction de Chris Perry (Drew Fuller), l’énigmatique être de lumière venu du futur pour empêcher le petit Wyatt de se transformer en tyran maléfique — un personnage dont on découvrira plus tard qu’il est en réalité le second fils de Piper et Leo.

Cependant, à partir de la mi-saison, au printemps 2004, Charmed entame une inquiétante descente aux enfers. La série subit de plein fouet l’énorme concurrence de l’émission phénomène Extreme Makeover Home Edition sur ABC. Le coup de grâce est porté le 9 mai 2004 : face à la finale de Survivor All-Stars (suivie par 24,8 millions d’Américains), l’audience des sœurs Halliwell s’effondre et signe son plus bas score historique avec seulement 2,8 millions de téléspectateurs. De plus, sur le plan créatif, la série s’attire les foudres d’une partie de sa base de fans historique. Certains fidèles de la première heure regrettent que le show devienne trop « girly ». Heureusement, le double épisode final redresse la barre in extremis en réunissant 4,8 millions de curieux. Le ciel s’assombrit pour le trio magique, mais le danger est temporairement écarté puisqu’une saison 7 a déjà été commandée par la chaîne dès le mois de février.

Du côté de l’Hexagone, l’érosion des audiences se fait beaucoup moins ressentir. Sur M6, cette sixième saison rassemble en moyenne 3,2 millions de fidèles pour une solide part de marché de 15,5%. Bien que ces moyennes globales restent tout à fait comparables à celles des années précédentes, un essoufflement commence à poindre : la série ne parvient plus à franchir la barre symbolique des 4 millions de téléspectateurs, son plafond pour cette saison se limitant à 3,7 millions lors de l’épisode d’ouverture.

D’ailleurs, ce lancement a bénéficié d’une stratégie de programmation totalement exceptionnelle pour l’époque. M6 a en effet fait le choix audacieux d’enchaîner directement la diffusion du season premiere de la saison 6 à la suite du final de la saison 5, le 29 novembre 2003 — soit à peine trois mois après sa diffusion américaine. Cependant, cette bonne surprise fut de courte durée : les fans français ont ensuite dû patienter près d’un an, jusqu’en septembre 2004, pour découvrir enfin la suite des aventures de Piper, Phoebe et Paige.

Saisons 7 (2004-2005) : Le déclin outre-Atlantique et la fin d’une époque en France

Photo © WB Television Network

Pour sa septième saison, Charmed perd officiellement son statut de série intouchable. Aux États-Unis, la programmation tourne au cauchemar face à l’omniprésence écrasante du football sur le réseau CBS. Heureusement, la série retrouve ses lettres de noblesse narratives en introduisant les Avatars — une confrérie utopique voulant supprimer le libre arbitre — et surtout Zankou (Oded Fehr), largement considéré par les fans comme l’un des antagonistes les plus charismatiques de toute la série.

Privée du traditionnel double épisode de conclusion, l’équipe créative, laissée sans aucune nouvelle de la chaîne The WB quant à un éventuel renouvellement, écrit l’épisode final (« Derniers maux ») comme une véritable fin de série. L’annonce tombe finalement le 17 mai 2005, lors des Upfronts (quelques jours avant la diffusion de l’épisode censé conclure la série) : The WB accorde une huitième et ultime saison à Charmed. Diffusé le 22 mai 2005, ce final conçu dans l’urgence réalise la pire audience historique pour une fin de saison, ne fédérant plus que 3,4 millions de fidèles américains. Les jours de gloire semblent bel et bien révolus.

En France, cette septième saison marque également un tournant douloureux : l’engouement s’essouffle et la série peine désormais à réunir plus de 2,8 millions de téléspectateurs en moyenne sur M6.

Saison 8 (2005-2006) : Annulation et l’adieu aux sœurs Halliwell

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Pour la dernière saison, si les fans sont soulagés de conserver la case du dimanche à 20h, la réalité en coulisses est beaucoup plus sombre. La série n’est plus le hit de jadis, et la chaîne ne l’a sauvée qu’au prix d’une drastique coupe budgétaire. Amputée de centaines de milliers de dollars, la production doit renoncer aux tournages en extérieur pour se confiner intégralement dans les studios Paramount. Les effets spéciaux sont réduits au strict minimum, et de nombreuses guest stars passent à la trappe. Brian Krause (Leo), pourtant présent depuis la saison 1, fait violemment les frais de ces restrictions : pour justifier son salaire, son personnage est littéralement congelé scénaristiquement et enlevé par l’Ange du Destin, réduisant sa présence à seulement 10 épisodes sur les 22 commandés (il reviendra tout de même pour les deux derniers épisodes sans y être contractuellement obligé). Pour compenser et tenter de renouveler la dynamique, Kaley Cuoco est recrutée pour incarner Billie, une nouvelle apprentie sorcière destinée à affronter l’Ultime Pouvoir avec sa sœur Christy.

Les rapports entre la production et une chaîne The WB en pleine mutation deviennent désastreux. Le couperet final s’abat le 3 mars 2006 : la série est officiellement annulée. L’ultime épisode (« Forever Charmed »), très riche en émotions mais malheureusement amputé de la présence espérée de Prue et Cole, est diffusé le 21 mai 2006. Il réunit 4,49 millions d’Américains, signant la fin d’une véritable ère télévisuelle.

En France, cette huitième saison a également un goût amer d’expédition. Bien que M6 ait lancé la saison en avant-première avec la diffusion des trois premiers épisodes dès décembre 2005 (à la suite de la saison 7), le retour de la série en septembre 2006 se fait dans l’urgence. La chaîne liquide le reste des épisodes en l’espace de deux petits mois. Les audiences ne sont plus au rendez-vous : la barre des 3 millions de téléspectateurs est très rarement franchie, et les parts de marché s’effondrent sous la barre des 12%. L’ultime épisode de Charmed, diffusé le 25 novembre 2006 sur M6, referme la page de la Trilogie du Samedi devant 3,2 millions de Français nostalgiques (14,5% de part de marché) venus dire un dernier adieu aux sœurs Halliwell.

L’héritable immortel du pouvoir des trois

​Si l’aventure inédite de Charmed s’est achevée en 2006, la série n’a jamais réellement quitté nos écrans ni le cœur du public français. Près de trois décennies après son lancement historique sur M6, le groupe continue d’exploiter avec un immense succès ce filon nostalgique. Les rediffusions quasi permanentes sur les chaînes de la TNT comme 6ter ou Téva prouvent que la magie opère toujours, attirant à la fois les fans de la première heure et de nouvelles générations de téléspectateurs. Plus récemment, suite au tragique décès de Shannen Doherty en 2024, 6ter a d’ailleurs bouleversé sa grille pour proposer des soirées hommages qui ont rencontré un très fort écho auprès du public, confirmant l’attachement indéfectible des Français à la série.

Pour accompagner cet engouement persistant, Charmed a bénéficié en 2018 d’un lifting inespéré. Les studios CBS ont entrepris un colossal et minutieux travail de remastérisation de l’intégralité des épisodes. Fini le format 4/3 baveux des années 90 : la série est désormais disponible en Haute Définition (16/9), offrant aux effets spéciaux, aux décors du manoir et au Livre des Ombres une seconde jeunesse visuelle très saluée par les puristes.

Enfin, preuve que le concept imaginé par Aaron Spelling est toujours vendeur, la chaîne américaine The CW (héritière de The WB) a tenté le pari risqué d’un reboot en 2018. Portée par un tout nouveau trio de sœurs, cette version moderne se voulait plus ancrée dans les enjeux actuels. Cependant, malgré de belles intentions, elle s’est heurtée à la colère froide des actrices originales et à la méfiance des fans historiques. Après quatre saisons aux audiences confidentielles et des scénarios souvent décriés pour leur manque d’âme, la CW a finalement annulé ce remake en 2022, prouvant une bonne fois pour toutes que la véritable magie de Charmed résidait bel et bien dans l’alchimie irremplaçable entre Shannen Doherty, Holly Marie Combs, Alyssa Milano et Rose McGowan.

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